mardi 8 février 2011

LE GRAND EMBOUTEILLAGE DES "VILLAGES DE MARQUES"

lu sur le site du journal La Croix le 8 février 2011
Le grand embouteillage des « villages de marques »




À travers la France, une vingtaine de centres commerciaux soldent les fins de série des marques d’habillement. Au moins autant sont en projet, au risque de saturer le marché


Les villages de marques existants et en projet (cliquer sur l'infographie pour l'afficher en grand format).

Le moulin rouge domine le site vallonné. En contrebas, le « village de marques », en construction depuis l’été dernier dans ce paisible coin de la Haute-Garonne, à une trentaine de kilomètres de Toulouse, sur la commune de Nailloux exactement. D’où le nom du projet, dans un premier temps : le Moulin de Nailloux.

Sympathique et terroir. Trop sans doute pour les promoteurs de l’affaire. Bienvenue donc désormais au plus international « Nailloux Fashion Village ». À l’automne, devraient ouvrir ici les premières boutiques d’un centre comptant, à terme, 125 magasins et 32 000 m² de surface commerciale.

Ce serait non seulement le premier « village de marques » du Grand Sud, mais aussi la première ouverture d’une série à venir. Car les projets fleurissent partout dans l’Hexagone.

Des magasins d'usine « nouvelle génération »
Le concept de ces sites spécialisés dans le déstockage de vêtements, où les marques écoulent leurs anciennes collections avec des remises de prix de 30 % au moins, n’est évidemment pas nouveau. Les magasins d’usine des années 1980, entrepôts plutôt désordre, ont joué les pionniers.

Les « centres de marques » ont pris le relais dans les années 1990, autour des bastions industriels traditionnels, à Troyes ou Roubaix par exemple. Puis avec les années 2000 sont arrivés les « villages », ciblant le moyen et haut de gamme, à l’image de La Vallée Village près de Disneyland.

Au total, une vingtaine de centres existent aujourd’hui en France. Nailloux inaugurerait la quatrième génération de ce type d’équipement. « Pas seulement un espace marchand, mais une destination de loisir, avec de nombreux services, des animations, vante Franck Verschelle, PDG du groupe Advantail, opérateur du projet. Le village veut jouer la carte touristique, en s’attachant d’ailleurs à promouvoir aussi les sites phares de Midi-Pyrénées. »

Voilà le genre de discours qui énerve le juriste Frédéric Willems, responsable des affaires économiques de la Fédération nationale de l’habillement (1) : « Depuis vingt ans, les promoteurs expliquent à chaque fois que ce qu’ils proposent est absolument nouveau. Le tourisme est le dernier argument marketing en date, permettant surtout aux magasins d’ouvrir le dimanche.»

Un parcours du combattant de plusieurs années avant l'ouverture
Si le concept évolue, une chose ne change guère : le scepticisme ou l’opposition que rencontrent inévitablement ces projets. Ils suscitent toujours une levée de boucliers des commerçants de la zone, ou sont au cœur de rivalités politiques entre certains élus.

Alain Salzman en sait quelque chose. Le PDG de Concepts & Distribution s’est positionné sur ce marché dès 1993, et gère un réseau de neuf centres (Marques Avenue et Quai des marques). « Entre l’annonce d’un projet et l’ouverture réelle, c’est un parcours du combattant de sept ans en moyenne, raconte-t-il. Il y a quinze ans, je recevais des menaces de mort, mais les choses sont heureusement devenues plus simples. »

Alain Salzman est pourtant contraint de mettre entre parenthèses un projet près de Montpellier, sur lequel s’affrontaient la maire Hélène Mandroux (contre) et le président de région, feu Georges Frêche (pour).

Du coup, il se concentre sur un autre dossier à Sainte-Croix-en-Plaine, près de Colmar. Si la plupart des élus sont cette fois partants, les chambres consulaires et les commerçants de la cité alsacienne sont très remontés.

« Une offre différente des centres-villes et d'Internet »
« Nous ne sommes pas hostiles a priori, jure Vincent Houllé, représentant des commerçants de Colmar. Les effets sont parfois positifs comme à Romans, une zone sinistrée qui a retrouvé un certain dynamisme grâce à Marques Avenue. Mais Colmar n’est pas dans ce cas de figure. Les créations d’emplois vantées ne seront que des transferts. Et puis, ces centres en périphérie vont à l’encontre des préoccupations environnementales et des modes de consommation qui tendent vers plus de proximité. »

À ces critiques, les promoteurs répondent par un seul mot : complémentarité. « Nous proposons une offre différente de celle des centres-villes ou des déstockeurs sur Internet, martèle Franck Verschelle. »

« À Troyes, par exemple, les centres de marques attirent 4 millions de visiteurs extérieurs au département, dont 14 % restent une nuit, et consomment dans la ville, ajoute-t-il. Nos villages peuvent avoir un impact économique important dans certains territoires. » C’est ce que les élus, notamment en période de crise, aiment à retenir, lâchant plus volontiers les autorisations d’implantation.

Vers une saturation en France
Combien de ces grands complexes l’Hexagone peut-il encore accueillir ? « En Europe, la France est un des pays où la densité de ces équipements est encore faible », juge Mayte Legeay, directrice de Neinver France, opérateur espagnol qui intervient en partenariat avec MAB Development sur les sites prévus à Roppenheim (Bas-Rhin) et à Honfleur (Calvados). Selon elle, « il reste de la place pour cinq nouveaux centres. » Alain Salzman pousse jusqu’à dix « si l’on est très optimiste ».

Or aujourd’hui, 12 ont décroché une autorisation, et une bonne dizaine d’autres sont en négociation. La situation frise parfois l’absurde. Comme dans le Nord-Ouest où, en plus de Honfleur, trois autres centres sont à l’étude, au Havre et dans l’Eure, à Boulleville et Vernon.

De la casse est donc à prévoir. Les complexes autorisés sont d’ailleurs déjà à la peine pour réussir la délicate phase de commercialisation de leurs magasins.

À Roppenheim, le précédent opérateur (Freeport) a fini par jeter l’éponge, ne parvenant pas à remplir plus de 20 % de sa surface en quatre ans. Neinver, aux commandes depuis fin 2009, assure aujourd’hui être « au-dessus de ses objectifs », mais n’envisage pas d’ouverture avant le printemps 2012 « probablement ».

Nailloux repousse la sienne – d’abord annoncée fin 2010, puis en juin 2011 – au deuxième semestre. « Nous ouvrirons avec un taux de remplissage d’environ 85 % et de 70 à 80 marques présentes », promet Franck Verschelle.

« Les marques sont reines »
La balle est dans le camp des grandes enseignes. « Auparavant, ce marché dépendait des choix des élus et des autorisations. Désormais, les marques sont reines, et ce sont elles qui font et défont les projets », analyse Alain Salzman. Notamment les plus prestigieuses, capables à elles seules de susciter de la clientèle.

Depuis trois ou quatre ans, elles ont souvent créé des services consacrés à la gestion de leurs invendus, qui disposent d’un large éventail d’options : l’exportation, le déstockage sur Internet, voire des magasins éphémères autour desquels elles créent un événement. Sur les centres de marques, elles peuvent donc se montrer très sélectives. À l’évidence, elles n’habilleront pas les ambitions de tous les prétendants actuels.

Jean-Luc FERRÉ

(1) Il est aussi l’auteur de La Face cachée des magasins d’usine, Éd. L’Harmattan, 2010.

vendredi 4 février 2011

HABILLEMENT : VERS DES HAUSSES DE 10 à 20 %

lu sur le site du journal Les Echos le 4 février 2011

03/02/11 | 07:00 | Dominique Chapuis | 6commentaires
Habillement : vers des hausses de 10 % à 20 %
La hausse du coton, de la soie ou de la laine a frappé de plein fouet les fabricants de fils ou de tissus. Les consommateurs pourraient bien payer la note.



« Après avoir vécu la déflation depuis quinze ans, nous devrions revoir des hausses de prix dans l'habillement en 2011. » C'est l'avis de Jean-Marc Génis, le président exécutif de la Fédération des enseignes de l'habillement (FEH), qui regroupe des chaînes comme Camaieu, Celio ou Gap. De combien ? Difficile de le savoir. « Cela dépendra de la stratégie des entreprises », poursuit Jean-Marc Génis. H & M, qui a vu cette hausse affecter sa rentabilité au quatrième trimestre, s'interroge sur sa répercussion sur sa clientèle. Une décision pas facile dans un contexte de crise.
DOMINIQUE CHAPUIS ET P. B., Les Echos

C'est d'abord la filière en amont, autrement dit les fabricants de tissus, qui ont subi de plein fouet la hausse des matières premières. En tête : le coton, dont le prix a plus que doublé en un an, crevant tous les plafonds. Hier, le coton brut se vendait 2 dollars la livre contre 60 à 80 cents historiquement. « C'est la fibre la plus touchée en raison d'un déséquilibre entre l'offre et la demande, précise Emmanuelle Butaud-Stubbs, déléguée générale de l'Union des industries textiles (UIT). Les récoltes ont été insuffisantes, et à cause de la baisse des commandes au moment de la crise, les producteurs ont remplacé le coton par le soja ou le maïs. »

Pour 2011 et 2012, la Chine, les Etats-Unis et l'Inde ont augmenté les superficies consacrées à cette culture : la production devrait atteindre 27 millions de tonnes contre 25 millions l'an dernier.

Le coton n'est pas la seule matière première au top. Le prix de la laine a ainsi augmenté de 16 % en un an, celui de la soie brute d'environ 60 %, et 40 % pour la fibre de jute. « Les fabricants qui ont tenté de leur substituer des fibres synthétiques en sont pour leurs frais, car avec la hausse du baril de brent, l'acrylique et le propylène ont eux aussi progressé de 35 % », constate Emmanuelle Butaud-Stubbs.

Les producteurs de fils et de tissus ont d'ores et déjà répercuté une partie de ces hausses sur les distributeurs d'habillement. Reste à savoir maintenant dans quelle proportion le consommateur va payer la note.

« Certaines enseignes feront un report partiel sur leurs prix ; d'autres, en totalité, mais en l'étalant peut-être sur une ou deux saisons, tout dépend », reprend Jean-Marc Génis. Avec le risque que les consommateurs préfèrent alors rogner sur leur budget habillement. L'enseigne Mim, qui avait fait monter son prix moyen à 14 euros en un an, a dû le ramener à 11 euros, car elle avait perdu des clientes.
Le prix du coton a doublé

Daniel Harari, directeur général de Lectra, le leader mondial des logiciels et systèmes de découpe qui fournit de nombreux fabricants, est plus affirmatif sur les conséquences de la hausse du coton (comme de celle du cuir sur la chaussure et la maroquinerie) : « C'est le sujet dont tout le monde parle, en Inde par exemple. Le cycle de baisse de prix que l'on a constaté depuis vingt ans s'achève. La hausse de 100 % du coton se straduira par une hausse progressive de 10 % à 20 % du prix au consommateur. »

Aux Galeries Lafayette, temple de la mode, on prédit une inflation des tarifs de 15 % environ.

jeudi 3 février 2011

LES MAGASINS DE PROXIMITE ,DEUXIEME CANAL POUR L'ELECTRODOMESTIQUE

lu sur le site du journal LSA le 3 février 2011
Les magasins de proximité, deuxième canal pour l'électrodomestique
Le 02 février 2011 par FRÉDÉRIC BIANCHI


Les magasins de proximité sont le deuxième circuit où les Français achètent des produits électroménagers, image et son, selon une étude IFOP publiée mercredi, réalisée pour la société Findis ProxiConfort, grossiste et distributeur de ces produits dits "blancs" et "bruns". Au cours des deux dernières années, 68% des personnes interrogées disent avoir acquis des produits de ce type (réfrigérateur, lave-vaisselle, télévision...). Parmi elles, une majorité, 58%, ont fait au moins un de leurs achats dans des enseignes spécialisées comme Fnac, Darty, Boulanger, et 40% au moins un de leurs achats dans un magasin de proximité spécialisé dans l'électroménager, comme ProxiConfort, Extra, Expert, Digital, Pulsat, devant les hypermarchés (37%) et internet (29%). Plus des trois-quarts des sondés ont une bonne image de la qualité de service et des conseils proposés dans les magasins de proximité. L'offre est néanmoins jugée plus réduite que dans les grandes enseignes. Une large majorité (97%) des consommateurs ayant opté pour ces magasins de proximité se disent satisfaits de leur choix. "Ce circuit, malgré ses atouts, souffre encore d'a priori", notamment sur les prix, "que la vague de retour à la consommation de proximité devrait endiguer", prévoit le communiqué. Le vieillissement de la population devrait aussi jouer en leur faveur. Leurs clients habitent généralement "dans des agglomérations de 2.000 à 100.000 habitants ou dans des communes rurales", tandis que la région parisienne est "atypique: les magasins de proximité en électroménager, image et son y sont sous représentés contrairement aux grandes enseignes spécialisées. C'est pourquoi les Franciliens se dirigent plus spontanément vers ces grandes surfaces et internet", explique le communiqué. Les magasins de proximité ont vu leur part de marché dans les produits blancs et bruns grimper de 21% en 1990 à 26% en 2009, dans un marché estimé à 12 milliards d'euros, indique le communiqué, citant des chiffres de GfK.

Etude réalisée par l'IFOP par téléphone du 7 au 12 janvier auprès d'un échantillon de 1.004 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, suivant la méthode des quotas.

mercredi 2 février 2011

BUT ATTEINT LES 10 % DE PARTS DE MARCHE

lu sur le site du joural Les Echos le 2 février 2011
But atteint les 10 % de part de marché

But, numéro trois de l'ameublement en France, a enregistré une hausse de son chiffre d'affaires en 2010, ce qui lui a permis de passer pour la première fois depuis plus de 20 ans le cap des 10 % de parts...
suite dans Les Echos

LES VENTES D'HABILLEMENT EN BAISSE 2010

lu sur le site du journal LSA le 2 février 2011
Les ventes d'habillement en baisse en 2010
Le 01 février 2011 par Sylvain AUBRIL


Les ventes d'habillement en 2010 ont connu une nouvelle baisse en valeur, de l'ordre de 0,6 %, selon les chiffres publiés par l'Institut français de la mode (IFM). Il s'agit de la troisième année de baisse consécutive, mais toutefois plus modérée, puisque elle avait atteint - 4 % en 2009 et -3 % en 2008. Le mois de décembre a été en partie plombé par les fortes intempéries, sauf pour les grands magasins qui ont vu leur chiffre d'affaires progresser à cette période de 10,4 %. Les indépendants et Monoprix ont légèrement accru leurs ventes en valeur (+ 0,3 %). En revanche, la vente à distance aurait reculé de 0,7 %, les chaînes spécialisés de 5,7 % et les hypermarchés et supermarchés de 8,6 %.

LE MARCHE DE LA MODE RECULE POUR LA 3émé ANNEE CONSECUTIVE

lu sur le site du journal Nouvel Obs le 2 février 2911
Le marché de la mode recule pour la 3e année consécutive


par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Le marché français de l'habillement a encore reculé en 2010, pour la troisième année consécutive, tandis que les ventes d'accessoires et de chaussures ont tiré leur épingle du jeu malgré une conjoncture maussade.

Loin des scores du secteur du luxe, qui a profité d'un spectaculaire rebond l'an dernier grâce à l'Asie et aux flux touristiques, le marché de l'habillement, très dépendant de la conjoncture, est resté atone et a reculé de 0,5% en valeur l'an dernier, selon les statistiques annuelles établies par l'Institut français de la mode (IFM).

Après deux années particulièrement difficiles, marquées par des baisses de 3,0% en 2008 et 3,5% en 2009, le marché de l'habillement ne parvient pas à se reprendre.

"Les consommateurs reportent les dépenses qui ne sont pas jugées essentielles et sont de plus sensibles aux prix, empêchant tout redémarrage du marché, en valeur (...) 2010 a été une année d'accalmie après la tempête, mais on reste à un niveau assez bas", explique Franck Delpal, économiste de l'IFM.

La conjoncture est très tendue, le chômage persiste et les ménages restent frileux. Ils sont aussi très, très sensibles aux prix, via des promotions qui se multiplient, ajoute-t-il.

"Le mois de décembre n'a pas été bon (-2,3%) et n'a pas permis au marché de redécoller", souligne-t-il.

Le marché français de l'habillement est évalué, tous circuits de distribution confondus, à 30 milliards d'euros.

LES GRANDS MAGASINS EN VEDETTE

Les performances ont cependant été très diverses selon les circuits de distribution, les grands magasins ayant enregistré des performances remarquables, avec des hausses de 9% pour l'habillement féminin et de 8% pour les vêtements masculins.

Les grands magasins ont tiré profit d'un repositionnement sur des produits plus haut de gamme ou sur une offre et des marques plus ciblées.

Repositionné l'an dernier sur le segment du luxe, le Printemps Haussmann, à Paris, a pleinement profité du rebond du secteur. Ailleurs, l'ensemble des grands magasins ont également été portés par un important travail sur l'offre et les marques, selon l'IFM.

"Le positionnement et la clarté du concept ont été la clé du succès", commente l'économiste de l'Institut.

Les circuits de distribution dits "populaires", comme Monoprix (détenu à parité par le groupe Casino et les Galeries Lafayette) ont également tiré leur épingle du jeu (+2,8%), tandis que les grandes chaînes spécialisées comme Celio, H&M ou Zara ont vu leurs ventes se tasser de 0,5%.

Les ventes des magasins multimarques indépendants ont quant à elles grappillé 0,3%.

Seuls vrais gagnants de 2010, les accessoires de mode (notamment la maroquinerie) et les chaussures, dont les ventes ont grimpé de 4,4% et 1,8% respectivement, ont profité d'un courant d'achat extrêmement puissant.

"On assiste à une frénésie de mode pour les accessoires. Les consommateurs ont économisé pour leur dépenses d'habillement pour pouvoir se faire plaisir".

Les acheteurs vont vers des produits perçus comme ayant une certaine créativité et une certaine valeur.

Il en va de même pour les chaussures, plébiscitées pour leur apport créatif. La vente à distance de chaussures a même littéralement décollé (+11%).

Il y a la mode, la créativité, les politiques de 'retour' des produits rendus plus faciles, mais aussi, pour ces accessoires, un véritable comportement de collectionneur.

Edité par Dominique Rodriguez

LE REPRENEUR DE MORGAN REPREND LA CITY

lu sur le site du journal La Tribune le 2 février 2811
PRÊT-À-PORTER
Le repreneur de Morgan s'offre La City
Source : La Tribune.fr - 01/02/2011 | 18:25 - 524 mots | |


Copyright Reuters
Après Morgan en 2009, le groupe Beaumanoir reprend La City en redressement judiciaire depuis avril 2010. Le groupe l'emporte face à l'alliance Vivarte-Etam-Celio-Sergent Major. Il s'est engagé à investir 15 millions d'euros dans l'enseigne de prêt-à-porter féminin.
Beaumanoir poursuit ses emplettes. Le groupe fondé par Roland Beaumanoir vient de remporter La City. L'enseigne de prêt-à-porter féminin était en redressement judiciaire depuis avril 2010. L'offre de reprise de Beaumanoir a été préférée à celle présentée conjointement par les groupes Vivarte, Etam, Celio et Sergent Major.

Le réseau de magasins de La City a manifestement excité leurs convoîtises. La City exploite 67 magasins en France. Elle dispose d'emplacements de premier ordre, en centre-ville et en centre commercial. "Mais ce n'est pas ce qui a motivé notre offre", assure à La Tribune Luc Mory, PDG de Morgan, filiale du groupe Beaumanoir depuis 2009.

Pour un montant de 8 millions d'euros, le groupe breton reprend les actifs de l'entreprise fondée par Alain et Thierry Abimelech en 1989. Il s'est engagé à y injecter 15 millions d'euros d'ici à trois ans. "6 millions d'euros seront consacrés à la rénovation des magasins. Six autres millions combleront les pertes d'exploitation de l'année. Et 3 millions d'euros seront investis dans le redéploiement de la marque", détaille Luc Mory, PDG de Morgan qui reprend la responsabilité de La City.

Le groupe reprend quatorze des employés du siège de l'enseigne. Spécialistes des achats et de l'offre commerciale, ils rejoindront le siège de Morgan situé dans le quartier Réaumur à Paris. Le distributeur conserve aussi les 321 personnes employées dans les magasins.

Luc Mory espère renouer avec le succès d'antan de La City. A son firmament, la marque connue pour ses tailleurs pantalons réalisait 70 millions d'euros de chiffre d'affaires. Elle ne pèse aujourd'hui plus que 34 millions. L'exercice 2009, clos un an après sa reprise par le fonds d'investissement 21 Centrale Partners, lui a été fatale.

"Nous reviendrons aux 70 millions d'euros de ventes d'ici à trois ans", espère Luc Mory. Comment ? Pour la relancer, Beaumanoir s'inspirera des méthodes appliquées chez Morgan, enseigne reprise à la barre du tribunal il y a deux ans. "Aujourd'hui, son chiffre d'affaires est de 120 millions d'euros hors taxes, contre 76 en 2009 La relance est une vraie réussite", assure Luc Mory. Morgan devrait renouer avec les bénéfices dès cette année. L'enseigne aux 214 magasins (dont 130 en France) s'apprête à adopter un nouveau concept. Actuellement en test à Rosny 2, Singapour et Shanghaï, il a été imaginé par le cabinet Saguez & Partners à qui l'on doit déjà les concepts du BHV, du Lafayette Maison et de Petit Bateau. "Nous le mettrons en place dans le magasin des Champs Elysées en septembre prochain", dévoile à La Tribune Luc Mory.

Beaumanoir n'exclut pas de reprendre d'autres enseignes. A la tête de 2.000 magasins dans le monde, le groupe fondé en 1981 par Roland Beaumanoir a réalisé 858 millions d'euros de chiffre d'affaires sur son dernier exercice clos en avril 2010. "Sa progression d'activité est de 34% sur un an", assurent ses services. Il s'est déjà illustré en reprenant les marques Patrice Bréal en 2003 et Scottage en 2005. Son portefeuille d'enseignes comprend aussi Cache-Cache et Bonobo que Roland Beaumanoir . Avec Morgan et La City, il dispose désormais de six enseignes. Des arbitrages pourraient être menés entres les magasins La City et Morgan. Ce ne sera qu'une minorité, assure Luc Mory.