lu sur le site du journal Les Echos le 30 novembre 2010
L'hypermarché et l'équation du commerce moderne
Ecrit par
Philippe BERTRAND
C'est « la » question du moment pour les acteurs de la grande distribution (avec, il est vrai, celle du commerce électronique) : l'hypermarché classique, « à la française », inventé par Carrefour en 1963 à Sainte-Geneviève-des-Bois, dans la banlieue parisienne, est-il un modèle d'avenir ? Le magasin de grande surface qui offre « tout sous le même toit » installé dans une zone périphérique et obéissant à l'adage « no parking, no business » de Bernardo Trujillo, le théoricien américain du commerce moderne, auprès duquel les pionniers français du secteur ont tout appris, correspond-il encore aux besoins du consommateur ? Ce dernier, écocitoyen soucieux de réduire son empreinte carbone, donc ses déplacements, toqué de produits de proximité et méfiant à l'égard des marques multinationales, s'étourdit moins dans la société de consommation, que symbolise l'hyper. La multiplication des foyers monoparentaux, par ailleurs, ne rend-elle pas désuet le traditionnel « plein » de courses mensuel ?
Les chiffres de la dernière enquête du cabinet Kantar sont éloquents : les enseignes emblématiques des grands hypermarchés, Carrefour, Géant Casino, Auchan, perdent des parts de marché ou stagnent. Et les données publiées par les deux premiers groupes, cotés, pointent une baisse de la fréquentation. Un comble alors que l'on pensait qu'en période de crise les acheteurs se rueraient dans les points de vente qui offrent traditionnellement les prix les plus bas (avec les « hard discounters », qui perdent eux aussi des parts de marché…) !
Pour inverser cette tendance, Lars Olofsson, directeur général de Carrefour, a lancé le nouveau concept Carrefour Planet. Le but : réenchanter l'hypermarché, faire qu'il redevienne un « destination store ». Les moyens : plus de services, l'abandon de certains rayons non alimentaires non concurrentiels, l'amélioration globale de l'« expérience client ». Vainqueur, avec Système U, du jeu récent de la concurrence, Leclerc, prétend à l'inverse que le format hyper n'est pas condamné et que tout cela n'est que la conséquence d'un mauvais positionnement prix. Pour Michel-Edouard Leclerc, c'est simple : son enseigne étant la moins chère, ses hypers se portent bien. Qui dit vrai ? Pour comprendre, il faut rappeler l'évolution du paysage. Les spécialistes, comme Leroy Merlin pour le bricolage ou Darty pour l'électrodomestique, se sont fortement développés. Certains ont même lancé des versions discount, comme Castorama avec Brico Dépôt, ou Boulanger avec Electro Dépôt. Sur toute une gamme de produits, l'hypermarché ne peut donc plus rivaliser que difficilement, tant en termes d'offre qu'en termes de prix avec les « category killers ». A l'exception de quelques produits à prix d'appel sacrifiés. « Longtemps, Carrefour perdait 100 euros sur la vente de chaque télévision grand écran », caricature un consultant. L'expansion du e-commerce a mis, par ailleurs, plus de 70.000 magasins virtuels à un clic de chaque consommateur internaute. Enfin, les groupes de distribution, à commencer par Carrefour, ont tous entrepris de rénover leurs réseaux de proximité. Plus modernes, plus compétitives aussi, en termes de prix, afin de survivre face aux « hard discounters », ces moyennes et petites surfaces ont créé une nouvelle concurrence pour les hypers. Pourquoi faire 10 kilomètres pour se rendre dans un hyper Carrefour, quand on a au pied de son immeuble un Carrefour Market qui propose pour l'essentiel les mêmes marques nationales et les mêmes marques de distributeur ?
Pour résoudre la nouvelle équation du commerce moderne, Auchan a choisi non pas la révision du concept, mais l'affirmation plus forte encore des standards du « tout sous le même toit ». A Vélizy, à l'ouest de Paris, le premier magasin de France - 300 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel -étale sans vergogne ses 200.000 références, juxtaposant les produits de luxe et de niche, jambon Bellota-Bellota et autres macarons faits maison, avec les palettes d'articles de première nécessité disposées dans ce qui constitue un véritable magasin de « hard discount » implanté au coeur de l'hypermarché. Chez Leclerc, les hypers sont plus petits en moyenne, car souvent implantés dans des zones semi-rurales. Mais les adhérents n'hésitent pas à surdimensionner leurs rayons non alimentaires, afin de fixer leur clientèle et d'éviter qu'ils n'effectuent quelques kilomètres pour se rendre chez le spécialiste de la grande ville voisine. Ils continuent donc d'offrir un large choix, tout en ayant la capacité, en tant qu'indépendants gérant leur affaire de façon patrimoniale, de sacrifier 2 points de marge à la guerre des prix.
Au final, quelle solution choisir pour sauver ses hypermarchés ? Les experts et consultants de tout poil ont fait tourner la machine à idées. Pour arriver à la conclusion que le consommateur veut tout : une offre large, du discount, du « hard discount », des services et du confort d'achat. Et toutes les enseignes ont cette ambition. Toutes savent, au surplus, que le prix demeure le principe a priori de la raison commerciale et qu'un magasin devra toujours s'adapter à sa zone de chalandise. En réalité, plus que la stratégie, c'est sa mise en oeuvre qui fera la différence. Chez Leclerc, l'indépendant gérera sa boutique au plus près. Chez Auchan, le directeur de magasin et les chefs de rayon conserveront une motivation et une réactivité proportionnelles à leur degré d'autonomie. Et chez Carrefour, tout ou presque sera centralisé au siège de Massy, le personnel administratif des hypers étant envoyé sur le front de vente. C'est la gestion des ressources humaines la plus efficace qui l'emportera. Le commerce est une affaire d'hommes autant que de concepts. Qui aurait dit que les grands magasins afficheraient aujourd'hui des progressions à deux chiffres, sinon leurs exploitants qui ont cru en leur avenir ?
Philippe Bertrand est chef adjoint du service « Services » des « Echos », en charge de la distribution.
mardi 30 novembre 2010
LA MODE SE PORTE BIEN SUR INTERNET
lu sur le site du journal LSA le 30 novembre 2010
La mode se porte bien sur internet
Le 30 novembre 2010 par Jean-Noël Caussil
En une année, le chiffre d’affaires des « e-boutiques » du secteur de la mode et accessoires ont vu leur chiffre d’affaires bondir de 94%, selon PowerBoutique, spécialiste de la création de sites Internet. Toujours selon PowerBoutique, 26% des sites de mode sont dédiés aux femmes, devant la vente de chaussures (21%) et celle de bijoux et montres (19%). Viennent ensuite les sites pour enfants/puériculture (15%) et la mode hommes (12%). Voilà pour ce qui est de la présence sur le Web. D’un point de vue « nombre de commandes », les sites de chaussures et bagagerie sont alors en tête (37% des commandes globales et 33% des ventes). La mode femmes pointe en deuxième position (23% des commandes, 25% du chiffre d’affaires). Dernier enseignement de l’étude : le panier moyen. Il serait de 73 euros par commande.
La mode se porte bien sur internet
Le 30 novembre 2010 par Jean-Noël Caussil
En une année, le chiffre d’affaires des « e-boutiques » du secteur de la mode et accessoires ont vu leur chiffre d’affaires bondir de 94%, selon PowerBoutique, spécialiste de la création de sites Internet. Toujours selon PowerBoutique, 26% des sites de mode sont dédiés aux femmes, devant la vente de chaussures (21%) et celle de bijoux et montres (19%). Viennent ensuite les sites pour enfants/puériculture (15%) et la mode hommes (12%). Voilà pour ce qui est de la présence sur le Web. D’un point de vue « nombre de commandes », les sites de chaussures et bagagerie sont alors en tête (37% des commandes globales et 33% des ventes). La mode femmes pointe en deuxième position (23% des commandes, 25% du chiffre d’affaires). Dernier enseignement de l’étude : le panier moyen. Il serait de 73 euros par commande.
lundi 29 novembre 2010
LE RUGBY, DU SPORTSWEAR AU STREETWEAR
lu sur le site du journal Les Echos le 29 novembre 2010
29/11/10 | 07:00 | Valerie Leboucq
Le rugby, du sportswear au streetwear
Ecrit par
Valérie LEBOUCQ
Esprit d'équipe, goût de l'engagement, respect d'autrui… Sport de brutes pratiqué par des gentlemen -ou l'inverse -, le rugby et ses valeurs constituent un réservoir inépuisable d'inspiration pour la mode masculine. De Hackett à Ralph Lauren, toutes les griffes de luxe se sont, au moins une fois, essayées au maillot jersey à larges rayures. En France, Serge Blanco et Franck Mesnel (Eden Park), deux internationaux de grande classe, ont été les premiers à se lancer dans le « rugby-wear ».
Ils ont fait des émules, et pas seulement sur le terrain. Exemple avec Demi de Mêlée, dernière en date des marques « made in Ovalie ». Ses créateurs, Christian et Véronique Karst, ont recruté l'ancien Bleu Jean-Baptiste Ellissalde pour porter leurs couleurs. Plus décalé, Rugby Division cultive le streetwear : sweat-shirts avec ou sans capuche et autres shorts de skaters imprimés sont vendus en ligne et chez Sport 2000. Pas d'égérie pour se faire connaître, mais du marketing viral avec des événements de rue prévus l'été prochain qui associeront breakdance, skate, freestyle motocross et une nouvelle discipline : le street rugby.
V. L, Les Echos
29/11/10 | 07:00 | Valerie Leboucq
Le rugby, du sportswear au streetwear
Ecrit par
Valérie LEBOUCQ
Esprit d'équipe, goût de l'engagement, respect d'autrui… Sport de brutes pratiqué par des gentlemen -ou l'inverse -, le rugby et ses valeurs constituent un réservoir inépuisable d'inspiration pour la mode masculine. De Hackett à Ralph Lauren, toutes les griffes de luxe se sont, au moins une fois, essayées au maillot jersey à larges rayures. En France, Serge Blanco et Franck Mesnel (Eden Park), deux internationaux de grande classe, ont été les premiers à se lancer dans le « rugby-wear ».
Ils ont fait des émules, et pas seulement sur le terrain. Exemple avec Demi de Mêlée, dernière en date des marques « made in Ovalie ». Ses créateurs, Christian et Véronique Karst, ont recruté l'ancien Bleu Jean-Baptiste Ellissalde pour porter leurs couleurs. Plus décalé, Rugby Division cultive le streetwear : sweat-shirts avec ou sans capuche et autres shorts de skaters imprimés sont vendus en ligne et chez Sport 2000. Pas d'égérie pour se faire connaître, mais du marketing viral avec des événements de rue prévus l'été prochain qui associeront breakdance, skate, freestyle motocross et une nouvelle discipline : le street rugby.
V. L, Les Echos
dimanche 28 novembre 2010
L'AMERICAIN NETFIX MISE SUR LA FIN DU DVD
lu sur le site du journal Le Monde le 28 novembre 2010
L'américain Netflix mise sur la fin du DVD
LEMONDE | 25.11.10 | 14h49 • Mis à jour le 25.11.10 | 14h49
L'américain Netflix, véritable "success story" de la vidéo outre-Atlantique, mise désormais sur le numérique. Le groupe, qui a bâti sa réputation sur la location de DVD sur Internet, sans magasins physiques, a annoncé lundi 22 novembre le lancement d'une offre de visionnage en "streaming" (sans téléchargement), donnant un accès illimité à son catalogue de films pour 7,99 dollars (6 euros) par mois. Ce virage illustre la prise en compte par le groupe des changements de comportement de ses clients : la consommation de films dématérialisés prend le pas sur le DVD.
Basé dans la Silicon Valley californienne, Netflix a su s'imposer au début des années 2000 grâce à une offre très pratique. Ses membres établissent sur son site Web la liste des films qu'ils souhaitent voir dans le mois. Les DVD leur sont envoyés par courrier. Dès qu'ils ont terminé d'en voir un, ils le renvoient dans l'enveloppe mise à leur disposition. Le suivant leur parvient une fois que le précédent est retourné à l'envoyeur. Plus besoin de se déplacer au loueur du quartier, et surtout, de payer une pénalité quand on a dépassé la date limite de retour.
En 2009, Netflix, qui revendique 16 millions de membres, a engrangé un chiffre d'affaires de 1,67 milliard de dollars. Mais, selon l'analyste Michael Pachter, de la banque Wedbush Securities, l'abonné Netflix ne commande plus que 4 ou 5 DVD par mois en moyenne, contre 5 ou 6 il y a un an. Pour ce spécialiste de la vidéo, les DVD auront disparu d'ici vingt ans. Selon une autre source, le Digital Entertainment Group, les ventes et locations de DVD et de disques Blu-ray ont baissé de 7 % sur les neuf premiers mois de l'année, à 10,9 milliards de dollars aux Etats-Unis.
Si Netflix passe au "streaming", "c'est aussi parce que c'est moins coûteux en frais d'acheminement des films", note Jean-Marie Le Guen, du cabinet NPA Conseil. L'argent économisé pourrait être consacré à acquérir plus de droits de diffusion de films, afin d'enrichir un catalogue surtout constitué de classiques et de séries TV en retard d'une, voire de deux saisons.
Un modèle exportable
Netflix réplique aussi à son grand concurrent, le site Hulu, l'autre gros succès de la vidéo à la demande. Fondé en 2007 par NBC Universal, News Corporation and The Walt Disney Company, il a lancé le même type d'offre début novembre, également à 7,99 dollars par mois.
Ces propositions séduisantes ne sont pas encore disponibles en Europe. Mais Reed Hastings, le PDG de Netflix, a déclaré qu'il avait l'intention de s'exporter. Les acteurs français de la vidéo, encore petits face à ces mastodontes, restent sereins.
Du moins M6, pionnier en la matière. Pour Valéry Gerfaud, directeur général de M6 Web, l'offre de Netflix n'est pas révolutionnaire. "Nous croyons à l'abonnement illimité, que nous avons adopté pour M6 VOD. Il n'y a plus d'offres à l'acte car l'achat unitaire, au film, devient marginal." M6 Web à déjà mis en place des formules comme le "Pass Vip" qui, pour 9,99 euros par mois, permet de voir les séries américaines dès le lendemain de leur diffusion américaine, avant leur passage à l'antenne de M6.
Cécile Ducourtieux et Guy Dutheil
L'américain Netflix mise sur la fin du DVD
LEMONDE | 25.11.10 | 14h49 • Mis à jour le 25.11.10 | 14h49
L'américain Netflix, véritable "success story" de la vidéo outre-Atlantique, mise désormais sur le numérique. Le groupe, qui a bâti sa réputation sur la location de DVD sur Internet, sans magasins physiques, a annoncé lundi 22 novembre le lancement d'une offre de visionnage en "streaming" (sans téléchargement), donnant un accès illimité à son catalogue de films pour 7,99 dollars (6 euros) par mois. Ce virage illustre la prise en compte par le groupe des changements de comportement de ses clients : la consommation de films dématérialisés prend le pas sur le DVD.
Basé dans la Silicon Valley californienne, Netflix a su s'imposer au début des années 2000 grâce à une offre très pratique. Ses membres établissent sur son site Web la liste des films qu'ils souhaitent voir dans le mois. Les DVD leur sont envoyés par courrier. Dès qu'ils ont terminé d'en voir un, ils le renvoient dans l'enveloppe mise à leur disposition. Le suivant leur parvient une fois que le précédent est retourné à l'envoyeur. Plus besoin de se déplacer au loueur du quartier, et surtout, de payer une pénalité quand on a dépassé la date limite de retour.
En 2009, Netflix, qui revendique 16 millions de membres, a engrangé un chiffre d'affaires de 1,67 milliard de dollars. Mais, selon l'analyste Michael Pachter, de la banque Wedbush Securities, l'abonné Netflix ne commande plus que 4 ou 5 DVD par mois en moyenne, contre 5 ou 6 il y a un an. Pour ce spécialiste de la vidéo, les DVD auront disparu d'ici vingt ans. Selon une autre source, le Digital Entertainment Group, les ventes et locations de DVD et de disques Blu-ray ont baissé de 7 % sur les neuf premiers mois de l'année, à 10,9 milliards de dollars aux Etats-Unis.
Si Netflix passe au "streaming", "c'est aussi parce que c'est moins coûteux en frais d'acheminement des films", note Jean-Marie Le Guen, du cabinet NPA Conseil. L'argent économisé pourrait être consacré à acquérir plus de droits de diffusion de films, afin d'enrichir un catalogue surtout constitué de classiques et de séries TV en retard d'une, voire de deux saisons.
Un modèle exportable
Netflix réplique aussi à son grand concurrent, le site Hulu, l'autre gros succès de la vidéo à la demande. Fondé en 2007 par NBC Universal, News Corporation and The Walt Disney Company, il a lancé le même type d'offre début novembre, également à 7,99 dollars par mois.
Ces propositions séduisantes ne sont pas encore disponibles en Europe. Mais Reed Hastings, le PDG de Netflix, a déclaré qu'il avait l'intention de s'exporter. Les acteurs français de la vidéo, encore petits face à ces mastodontes, restent sereins.
Du moins M6, pionnier en la matière. Pour Valéry Gerfaud, directeur général de M6 Web, l'offre de Netflix n'est pas révolutionnaire. "Nous croyons à l'abonnement illimité, que nous avons adopté pour M6 VOD. Il n'y a plus d'offres à l'acte car l'achat unitaire, au film, devient marginal." M6 Web à déjà mis en place des formules comme le "Pass Vip" qui, pour 9,99 euros par mois, permet de voir les séries américaines dès le lendemain de leur diffusion américaine, avant leur passage à l'antenne de M6.
Cécile Ducourtieux et Guy Dutheil
IMMOBILIER : LES PRIX N'ONT JAMAIS ETE AUSSI HAUTS A PARIS
lu sur le site du journal Le Monde 26 novembre 2010
Immobilier : les prix n'ont jamais été aussi hauts à Paris
LEMONDE | 25.11.10 | 15h32
Les prix de l'immobilier à Paris et dans l'ensemble de l'Ile-de-France n'ont jamais été aussi hauts. Les notaires ont confirmé, jeudi 25 novembre, la spectaculaire reprise du marché de l'ancien dans la capitale, au cours du troisième trimestre 2010. Le nombre de ventes y a augmenté, en un an, de 16 % ; la hausse atteint 21 % pour l'Ile-de-France, approchant, avec 182 000 ventes, la moyenne de 185 000 observée entre 2000 et 2007.
Mais c'est l'augmentation des prix qui est la plus impressionnante. Record historique à Paris intra-muros, avec une hausse de 13,8 %, à plus de 7 000 euros le m², tandis que tous les quartiers ont franchi la barre symbolique des 5 000 euros le m² ! Sur le troisième trimestre, les appartements se sont appréciés de 5 % d'un coup. Le 6e arrondissement est le plus cher, à 10 640 euros le m², et le 4e arrondissement dépasse également 10 000 euros le m². L'inflation touche les quartiers chics comme les modestes : + 16 % autour de la Sorbonne mais + 18 % dans le 19e arrondissement, au Pont de Flandres.
"Le marché s'est nettement dégelé, et les secundo-accédants, c'est-à-dire les propriétaires qui ont un appartement à vendre pour en acheter un second, sont de retour", analyse Christian Lefebvre, président de la chambre des notaires d'Ile-de-France. Les jeunes couples fortement aidés par leurs familles et qui se contentent de petites surfaces trouvent un toit dans les quartiers excentrés, ce qui pousse les prix à la hausse.
Les couples pouvant cumuler deux bons salaires, autour de 8 000 euros, et suffisamment jeunes (moins de 40 ans) pour s'endetter sur une longue durée, jettent leur dévolu sur les appartements familiaux, mais sans luxe, des bons quartiers.
Les investisseurs à la recherche de petites surfaces sont toujours très actifs. Ainsi, tous les appartements, petits ou grands, luxueux ou pas, se renchérissent. Une telle hausse est-elle soutenable ? "Sûrement pas", juge Sébastien de Lafond, créateur du site Meilleursagents.com, "même si je prévois quasiment 20 % de hausse, à la fin 2010, il faudra ensuite s'attendre au dégonflement, j'espère lent, de cette bulle que je qualifierais de sécuritaire plutôt que spéculative. Seule une très grave crise monétaire mondiale, avec une brutale hausse des taux d'intérêt, pourrait conduire à un krach, mais ce n'est pas pour moi le scénario le plus probable".
L'incendie des prix se propage à la petite couronne, où ils grimpent d'en moyenne 10,8 %, dont 13,2 % dans les Hauts-de-Seine, 10,2 % en Seine-Saint-Denis et 9,2 % dans le Val-de-Marne. "La contagion chemine par les lignes de métro et de RER, dans les communes proches de Paris", note M. de Lafond. A Levallois, par exemple, le mètre carré atteint 6 670 euros, en hausse de 16,8 %, en un an. En Seine-Saint-Denis, même situation pour les communes limitrophes de Paris, comme Pantin (+ 12,8 %), Montreuil (+ 21,3 %). Dans le Val-de-Marne, les prix augmentent de 10,6 % à Vincennes et de 9,6 % à Saint-Maur.
Insolente santé
La grande couronne suit le mouvement avec moins d'ampleur, se contentant d'une hausse moyenne de 7,6 %, mais avec des pointes à 16 %, à Versailles, à 19 % à Maisons-Laffitte, les valeurs battant, là aussi, leurs records passés.
Sur le plan national, les notaires ont, courant novembre, révisé leurs prévisions à la hausse : "Tandis que nous pronostiquions, il y a quelques mois, 620 000 transactions dans l'ancien, nous devrions achever l'année avec 130 000 ventes de plus, soit 750 000 au total. L'Ile-de-France constituant, à elle seule, un quart du marché national, détaille Me Pierre Bazaille, chargé de la conjoncture immobilière, et le rythme annuel de hausse, en 2010, devrait s'établir entre 6,5 % et 7 %." Ce sont les grandes villes qui bénéficient de la nette reprise de l'activité et des prix, comme Lyon (+ 6,9 % en un an), Marseille (+ 6,2 %), Grenoble (+ 6,8 %), Bordeaux (+ 5,8 %) ou encore Lille (+ 7,6 %). D'autres villes et départements, particulièrement affectés par la crise, souffrent, comme Mulhouse, où les prix ont chuté de 12,4 %, Saint-Etienne, Besançon (- 3,2 %), la Meuse, l'Allier...
"Les prêts ont baissé de 2 points entre 2008 et 2010, permettant d'emprunter à moins de 3,5 % et de réaliser un gain théorique de 15 % de pouvoir d'achat, malheureusement absorbé par l'inflation immobilière", déplore M. de Lafond.
L'insolente santé du marché immobilier français inquiète donc plus qu'elle ne rassure. Elle accroît la fracture résidentielle entre les propriétaires et les autres, entre les jeunes cherchant à se loger et les seniors qui valorisent leur patrimoine, entre les personnes assurées d'un bon revenu et les précaires, entre les urbains et les ruraux. Les politiques du logement, nationales et locales, pourront-elles contrecarrer cette terrible machine à ségrégation sociale en créant une offre de logements abordables ?
Isabelle Rey-Lefebvre Article paru dans l'édition du 26.11.10
Immobilier : les prix n'ont jamais été aussi hauts à Paris
LEMONDE | 25.11.10 | 15h32
Les prix de l'immobilier à Paris et dans l'ensemble de l'Ile-de-France n'ont jamais été aussi hauts. Les notaires ont confirmé, jeudi 25 novembre, la spectaculaire reprise du marché de l'ancien dans la capitale, au cours du troisième trimestre 2010. Le nombre de ventes y a augmenté, en un an, de 16 % ; la hausse atteint 21 % pour l'Ile-de-France, approchant, avec 182 000 ventes, la moyenne de 185 000 observée entre 2000 et 2007.
Mais c'est l'augmentation des prix qui est la plus impressionnante. Record historique à Paris intra-muros, avec une hausse de 13,8 %, à plus de 7 000 euros le m², tandis que tous les quartiers ont franchi la barre symbolique des 5 000 euros le m² ! Sur le troisième trimestre, les appartements se sont appréciés de 5 % d'un coup. Le 6e arrondissement est le plus cher, à 10 640 euros le m², et le 4e arrondissement dépasse également 10 000 euros le m². L'inflation touche les quartiers chics comme les modestes : + 16 % autour de la Sorbonne mais + 18 % dans le 19e arrondissement, au Pont de Flandres.
"Le marché s'est nettement dégelé, et les secundo-accédants, c'est-à-dire les propriétaires qui ont un appartement à vendre pour en acheter un second, sont de retour", analyse Christian Lefebvre, président de la chambre des notaires d'Ile-de-France. Les jeunes couples fortement aidés par leurs familles et qui se contentent de petites surfaces trouvent un toit dans les quartiers excentrés, ce qui pousse les prix à la hausse.
Les couples pouvant cumuler deux bons salaires, autour de 8 000 euros, et suffisamment jeunes (moins de 40 ans) pour s'endetter sur une longue durée, jettent leur dévolu sur les appartements familiaux, mais sans luxe, des bons quartiers.
Les investisseurs à la recherche de petites surfaces sont toujours très actifs. Ainsi, tous les appartements, petits ou grands, luxueux ou pas, se renchérissent. Une telle hausse est-elle soutenable ? "Sûrement pas", juge Sébastien de Lafond, créateur du site Meilleursagents.com, "même si je prévois quasiment 20 % de hausse, à la fin 2010, il faudra ensuite s'attendre au dégonflement, j'espère lent, de cette bulle que je qualifierais de sécuritaire plutôt que spéculative. Seule une très grave crise monétaire mondiale, avec une brutale hausse des taux d'intérêt, pourrait conduire à un krach, mais ce n'est pas pour moi le scénario le plus probable".
L'incendie des prix se propage à la petite couronne, où ils grimpent d'en moyenne 10,8 %, dont 13,2 % dans les Hauts-de-Seine, 10,2 % en Seine-Saint-Denis et 9,2 % dans le Val-de-Marne. "La contagion chemine par les lignes de métro et de RER, dans les communes proches de Paris", note M. de Lafond. A Levallois, par exemple, le mètre carré atteint 6 670 euros, en hausse de 16,8 %, en un an. En Seine-Saint-Denis, même situation pour les communes limitrophes de Paris, comme Pantin (+ 12,8 %), Montreuil (+ 21,3 %). Dans le Val-de-Marne, les prix augmentent de 10,6 % à Vincennes et de 9,6 % à Saint-Maur.
Insolente santé
La grande couronne suit le mouvement avec moins d'ampleur, se contentant d'une hausse moyenne de 7,6 %, mais avec des pointes à 16 %, à Versailles, à 19 % à Maisons-Laffitte, les valeurs battant, là aussi, leurs records passés.
Sur le plan national, les notaires ont, courant novembre, révisé leurs prévisions à la hausse : "Tandis que nous pronostiquions, il y a quelques mois, 620 000 transactions dans l'ancien, nous devrions achever l'année avec 130 000 ventes de plus, soit 750 000 au total. L'Ile-de-France constituant, à elle seule, un quart du marché national, détaille Me Pierre Bazaille, chargé de la conjoncture immobilière, et le rythme annuel de hausse, en 2010, devrait s'établir entre 6,5 % et 7 %." Ce sont les grandes villes qui bénéficient de la nette reprise de l'activité et des prix, comme Lyon (+ 6,9 % en un an), Marseille (+ 6,2 %), Grenoble (+ 6,8 %), Bordeaux (+ 5,8 %) ou encore Lille (+ 7,6 %). D'autres villes et départements, particulièrement affectés par la crise, souffrent, comme Mulhouse, où les prix ont chuté de 12,4 %, Saint-Etienne, Besançon (- 3,2 %), la Meuse, l'Allier...
"Les prêts ont baissé de 2 points entre 2008 et 2010, permettant d'emprunter à moins de 3,5 % et de réaliser un gain théorique de 15 % de pouvoir d'achat, malheureusement absorbé par l'inflation immobilière", déplore M. de Lafond.
L'insolente santé du marché immobilier français inquiète donc plus qu'elle ne rassure. Elle accroît la fracture résidentielle entre les propriétaires et les autres, entre les jeunes cherchant à se loger et les seniors qui valorisent leur patrimoine, entre les personnes assurées d'un bon revenu et les précaires, entre les urbains et les ruraux. Les politiques du logement, nationales et locales, pourront-elles contrecarrer cette terrible machine à ségrégation sociale en créant une offre de logements abordables ?
Isabelle Rey-Lefebvre Article paru dans l'édition du 26.11.10
GAP ARRIVE TARDIVEMENT SUR LE MARCHE CHINOIS
lu sur le site du journal Le Monde le 28 novembre 2010
Gap arrive tardivement sur le marché chinois
LEMONDE | 25.11.10 | 15h16 • Mis à jour le 25.11.10 | 15h18
Shanghaï Correspondance - Les géants du prêt-à-porter rêvent d'Orient. Après l'espagnol Zara et le suédois H&M, l'américain Gap s'est à son tour engagé dans la ruée vers la Chine en ouvrant, jeudi 11 novembre, son premier magasin dans le pays, sur l'une des rues les plus commerçantes de Shanghaï. Le groupe décrit l'Empire du milieu comme la "pierre angulaire" de sa stratégie d'expansion à l'international.
Avec des jeans à partir de 299 yuans (34 euros) et une publicité à l'effigie de la célèbre actrice Zhou Xun, cliché pris par la photographe Annie Leibovitz, Gap vise les clients aisés des grandes villes, sensibles à son image "cool, moderne, américaine".
Le marché laisse rêveur : en octobre, sur un an, les ventes dans l'habillement ont progressé de 32,6 %, selon le Bureau national des statistiques. Et les Chinois, s'ils préfèrent acheter des marques locales pour leurs produits alimentaires ou ménagers, sont en revanche friands de logos étrangers quand ils s'offrent des vêtements. Pour une nouvelle classe moyenne urbaine, les marques américaines, européennes ou japonaises sont synonymes de qualité, au pays de la contrefaçon, et incarnent un certain statut social.
Au besoin, ces marques adaptent leur politique de prix un cran en dessous pour toucher un plus large public, comme Levi's, qui vend aux Chinois ses jeans traditionnels aux tarifs américains, mais a lancé en août la marque Denizen, plus abordable.
Cependant, la concurrence est rude, et d'autres sont arrivés plus tôt. Le leader local du vêtement "décontracté", Metersbonwe, dispose de plus de 4 000 boutiques dans le pays, tandis que le japonais Uniqlo, présent en Chine depuis 2002, prévoit d'en ouvrir un millier au cours de la prochaine décennie - 64 existent aujourd'hui.
En raison de son arrivée tardive, Gap mise plutôt sur l'explosion du commerce en ligne, et fait le pari risqué de lancer sa propre plate-forme de vente sur Internet.
Harold Thibault Article paru dans l'édition du 26.11.10
Gap arrive tardivement sur le marché chinois
LEMONDE | 25.11.10 | 15h16 • Mis à jour le 25.11.10 | 15h18
Shanghaï Correspondance - Les géants du prêt-à-porter rêvent d'Orient. Après l'espagnol Zara et le suédois H&M, l'américain Gap s'est à son tour engagé dans la ruée vers la Chine en ouvrant, jeudi 11 novembre, son premier magasin dans le pays, sur l'une des rues les plus commerçantes de Shanghaï. Le groupe décrit l'Empire du milieu comme la "pierre angulaire" de sa stratégie d'expansion à l'international.
Avec des jeans à partir de 299 yuans (34 euros) et une publicité à l'effigie de la célèbre actrice Zhou Xun, cliché pris par la photographe Annie Leibovitz, Gap vise les clients aisés des grandes villes, sensibles à son image "cool, moderne, américaine".
Le marché laisse rêveur : en octobre, sur un an, les ventes dans l'habillement ont progressé de 32,6 %, selon le Bureau national des statistiques. Et les Chinois, s'ils préfèrent acheter des marques locales pour leurs produits alimentaires ou ménagers, sont en revanche friands de logos étrangers quand ils s'offrent des vêtements. Pour une nouvelle classe moyenne urbaine, les marques américaines, européennes ou japonaises sont synonymes de qualité, au pays de la contrefaçon, et incarnent un certain statut social.
Au besoin, ces marques adaptent leur politique de prix un cran en dessous pour toucher un plus large public, comme Levi's, qui vend aux Chinois ses jeans traditionnels aux tarifs américains, mais a lancé en août la marque Denizen, plus abordable.
Cependant, la concurrence est rude, et d'autres sont arrivés plus tôt. Le leader local du vêtement "décontracté", Metersbonwe, dispose de plus de 4 000 boutiques dans le pays, tandis que le japonais Uniqlo, présent en Chine depuis 2002, prévoit d'en ouvrir un millier au cours de la prochaine décennie - 64 existent aujourd'hui.
En raison de son arrivée tardive, Gap mise plutôt sur l'explosion du commerce en ligne, et fait le pari risqué de lancer sa propre plate-forme de vente sur Internet.
Harold Thibault Article paru dans l'édition du 26.11.10
samedi 27 novembre 2010
AUCHAN CITY SERA INAUGURE LE 6 AVTIL 2011
lu sur le site du journal LSA le 27 noembre 2010
Auchan City sera inauguré le 6 avril 2011
Le 26 novembre 2010 par Jean-Noël Caussil
Le centre commercial Espace Saint-Christophe ouvrira ses portes, à Tourcoing, le mercredi 6 avril 2011, annonce le journal La Voix du Nord. Selon les dirigeants du projet, le centre commercial est « commercialisé à 95 %, incluant Auchan City », l’enseigne de proximité urbaine que veut lancer le groupe Auchan. Parmi les autres enseignes participant à l’aventure : C&A, sur un magasin de 1000 m², mais aussi Tape à l'oeil, JD Sport, Piery, Venizi, Paul, Happy, Micromania, Générale d'Optique, Vog, Body Minute, Jeff de Bruges, Francesca, Subway, ou Giant Bar (groupe Quick), indique le journal nordiste. Le centre commercial s’étendra sur une superficie de 13000 m².
Auchan City sera inauguré le 6 avril 2011
Le 26 novembre 2010 par Jean-Noël Caussil
Le centre commercial Espace Saint-Christophe ouvrira ses portes, à Tourcoing, le mercredi 6 avril 2011, annonce le journal La Voix du Nord. Selon les dirigeants du projet, le centre commercial est « commercialisé à 95 %, incluant Auchan City », l’enseigne de proximité urbaine que veut lancer le groupe Auchan. Parmi les autres enseignes participant à l’aventure : C&A, sur un magasin de 1000 m², mais aussi Tape à l'oeil, JD Sport, Piery, Venizi, Paul, Happy, Micromania, Générale d'Optique, Vog, Body Minute, Jeff de Bruges, Francesca, Subway, ou Giant Bar (groupe Quick), indique le journal nordiste. Le centre commercial s’étendra sur une superficie de 13000 m².
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